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Jean-Bernard Lévy, ex-PDG d’EDF, a participé à une grande soirée organisée le 29 septembre à l’Hôtel d’Iéna (Paris) par le GP Énergie d’Arts et Métiers et le Club Industrie de l’Essec sur le thème « Énergie : l’heure des choix ». Dans un contexte international et hexagonal tendu, il a évoqué sans langue de bois des thèmes actuels majeurs tels que la compétitivité, la décarbonation, la relance du nucléaire, l’électrification croissante, le financement ou encore l’EPR de Flamanville. N’hésitant pas à mettre les décideurs face à leurs responsabilités. ____________________ Par Christophe Duprez Publié le 2026-01-14 dans Arts et Métiers magazine   C’est dans une salle pleine à craquer, remplie en grande majorité de jeunes, que  Léna Treglia et Clément Robin (Ch. 223), respectivement étudiants à l’Essec et à Arts et Métiers , se sont prêtés à l’art délicat de l’interview. Avec d’autant plus de mérite qu’ils avaient à leur côté un amateur aguerri – mais bienveillant – de l’exercice,  Jean-Bernard Lévy, ancien dirigeant de Vivendi, de Thales puis d’EDF de 2014 à 2022 . Morceaux choisis. À l’Hôtel d’Iéna, la salle La Rochefoucauld était pleine à craquer, remplie en grande majorité de jeunes venus écouter le haut dirigeant. SOUVERAINETÉ, DÉCARBONATION ET COMPÉTITIVITÉ : IMPOSSIBLE ÉQUATION ? Un ex-PDG d’EDF sans langue de bois. « Les trois sont nécessaires. Nous avons besoin de souveraineté pour pouvoir décider, en tant que Français et Européens, de la contribution de l'énergie à notre bien-être collectif, que ce soit au niveau des ménages, des entreprises ou des institutions. Nous avons aussi besoin de décarboner. Or l'énergie est le premier contributeur mondial des émissions de carbone. Et tout cela doit être fait de manière compétitive, l’énergie jouant un rôle majeur dans l’activité économique. L'enjeu consiste aujourd'hui à trouver le bon équilibre dans ces politiques avant tout européennes, l’énergie faisant partie des sujets sur lesquels l'UE [Union européenne] a décidé d’instaurer des règles communes et un marché unique. « Nous, Européens, sommes plutôt très en avance dans le domaine de la décarbonation par rapport aux autres régions du monde. En revanche, en matière de souveraineté, nous ne sommes pas bien placés, car nous n’avons pas de pétrole et très peu de gaz. Et nous sommes probablement en train de perdre la bataille de la compétitivité, notamment par rapport aux États-Unis qui bénéficient du gaz et du pétrole de schiste. « À terme, nous pourrons, je l’espère, résoudre cette équation grâce à deux facteurs majeurs : la sobriété, dans laquelle l’Europe doit et peut encore progresser, et l’innovation, où nous restons bons dans certains domaines mais nous faisons dépasser dans d’autres par les États-Unis et la Chine. Nous devons reprendre la main sur l’innovation. »   RELANCE DU NUCLÉAIRE : SUCCÈS OU ÉCHEC ? « Échec… pour le moment. Notre débat de ce soir s'appelle “l'heure des choix”. Or ce n'est plus de choix dont nous avons besoin, mais d’actes ! Il ne suffit pas de faire des discours “yakafokon décarboner” en relançant le nucléaire et en accélérant dans les renouvelables. Aujourd'hui, on les entend partout. Mais que fait-on en pratique ? Nous savons produire beaucoup d'électricité décarbonée, pour qu’elle se substitue à d'autres énergies qui, elles, émettent des gaz à effet de serre… En France comme au Parlement européen, on parle beaucoup, on fait des lois… Mais qu’est-on véritablement en train de construire ? Pour moi, l'Europe n'a pas compris que tout est question d’exécution, de rythme, et souvent d'imposer une volonté collective à des minorités qui défendent leur pré carré. Aujourd'hui, l’Europe stagne dans les principaux objectifs qu'elle s'est fixés, y compris celui, récent, de la relance du nucléaire, à laquelle beaucoup de pays et la Commission elle-même se sont opposés pendant des années. Or l'une des difficultés du nucléaire, c'est que la construction est longue et nécessite un niveau élevé de financements, alors que, plus tard, les coûts d'exploitation seront modestes. Heureusement, beaucoup de banques répondent présent pour le financement. »   UNE FILIÈRE NUCLÉAIRE COMPÉTITIVE : À QUELLES CONDITIONS ? « Le premier prérequis, c'est la standardisation. Quand je dirigeais Thales, il n’existait qu’une seule autorité de standardisation pour l'aéronautique en Europe et une autre aux États-Unis. Pour un réacteur nucléaire, chaque grand pays définit ses propres règles… Les standards communs sont minimes. Avec une même règle qui ne serait pas redéfinie tous les quatre matins, nous irions beaucoup plus vite dans la construction nucléaire et donc dans la décarbonation. Il faut trouver un consensus parmi les principales nations concernées pour aboutir à un corpus unique. « Le deuxième prérequis, c’est le raccourcissement des délais de construction. Si l’on décide aujourd'hui – ce qui n’est toujours pas le cas en France – de construire un réacteur, il ne sera pas disponible avant 2037, car les modes de construction sont complexes et il faut jouer de l’effet de série. La Chine montre l’exemple. « Le troisième prérequis, particulièrement fort s’agissant de l'Europe qui a pratiquement arrêté de construire des centrales depuis trente ans, c'est la main-d'œuvre qualifiée d’ingénieurs et de techniciens. Nous nous trouvons dans une période de quasi-pénurie. Si l’on suit les perspectives tracées par le président de la République, il y a trois ans et demi à Belfort, l'industrie nucléaire va devoir recruter 25 % des ingénieurs formés chaque année en France. »   AU VU DES DÉBOIRES DE L’EPR DE FLAMANVILLE, LA FRANCE EST-ELLE TOUJOURS CAPABLE DE CONSTRUIRE DES CENTRALES NUCLÉAIRES DE TRÈS HAUTE QUALITÉ, SANS DÉLAIS NI SURCOÛTS ? « La réponse n'est pas acquise. Flamanville a rencontré des difficultés considérables. Nous avons perdu la main, il ne faut pas se le cacher, pour deux raisons principales. « La première est que nous n’avons pas construit de centrales pendant longtemps. On a bâti près de 60 réacteurs nucléaires entre 1970 et 2000. Puis on a arrêté d’en commander parce que l’on considérait qu’il y avait trop d'électricité. C’est ainsi que, depuis vingt-cinq ans, un seul réacteur, l’EPR, a été construit, de façon évidemment difficile. Et, pour l'instant, il n'y en a pas d'autre : on en reste au stade des discours. C’est un vrai souci pour EDF et les 200 000 salariés de la filière nucléaire française. Quand nous redémarrerons, serons-nous capables de retrouver un rythme de construction honorable ? « La seconde raison est la complexification des réacteurs. Des règles, souvent franco-françaises, se sont superposées les unes aux autres depuis la construction des premiers réacteurs. Cela mériterait une bonne dose de simplification. Or ce n'est pas ce que l'autorité de sûreté nucléaire a en tête : elle empile les exigences, quelquefois même avec l'accord de l'exploitant. Leur accumulation constitue un frein potentiel à la construction des prochains réacteurs dans des délais et avec des coûts raisonnables. »   LES INFRASTRUCTURES FRANÇAISES ACTUELLES SONT-ELLES PRÊTES À RÉPONDRE À L'ÉLECTRIFICATION DES BESOINS ? « Oui, à court terme. Le réseau est de très bonne qualité et bien maillé. Mais, dans l'énergie, on raisonne sur des décennies et l’on voit bien que, avec l'électrification du chauffage, des transports ou encore des procédés industriels, on aura besoin de plus d'électricité, qu’il va falloir produire et acheminer via des réseaux. Or les deux grands opérateurs français, RTE, qui a le monopole du transport, et Enedis, qui a presque partout celui de la distribution, ont raisonnablement dit l'un et l'autre qu'ils avaient besoin de dizaines de milliards d'euros d'investissement dans les années qui viennent. »   LE MIX NUCLÉAIRE COMBINANT GRANDS, MOYENS ET PETITS RÉACTEURS : SOLUTION DE DEMAIN ? « Aujourd'hui, force est de constater que, dans les pays où l’on construit des réacteurs, il ne s’agit que de grandes puissances. Certains n’en bâtissent pas du tout. Par exemple, aux États-Unis, le président Trump s’est dit très favorable au nucléaire, et le président Biden ne s'y opposait pas. Mais ils ne construisent pas de nouveau réacteur depuis des années : ils ont tellement de gaz de schiste bon marché qu’ils considèrent qu’ils peuvent se le permettre, s'asseyant au passage sur les problèmes de réchauffement climatique. Des essais ont bien été faits sur des petits réacteurs modulaires en Russie, en Chine… mais le résultat est, pour l'instant, peu concluant sur le plan économique. Je pense donc que nous ne sommes pas à la veille d'un engouement pour la construction massive de petits réacteurs modulaires et que ceux de taille importante devraient constituer l'essentiel des constructions du renouveau nucléaire. »   NEUTRALITÉ CARBONE EN 2050 : RÉALISTE ? « Nous sommes probablement en train d'échouer. Les Chinois font leur maximum, mais ils n'arrivent pas à plafonner leurs émissions alors qu’ils produisent autant d’énergie éolienne et solaire que tous les autres pays du monde réunis. Ils n'avaient d’ailleurs pas promis 2050, mais 2060. Les Indiens, qui tablaient sur 2070, produisent ce qu’ils peuvent en énergies renouvelables mais continuent à utiliser beaucoup de charbon et à importer énormément de gaz, contribuant au passage à aider les Russes. Les Américains qui, avec les Chinois, constituent les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, ne promettent plus rien du tout : ils se sont retirés de l'accord de Paris, et leur président considère que le réchauffement climatique est une supercherie… L’UE et quelques autres pays, comme le Canada et le Japon, tentent de s’en tenir aux objectifs fixés dans la foulée de l'accord de Paris, mais il y a de quoi s’inquiéter. Par conséquent, tous les pays un peu sérieux, dont la France, se préoccupent désormais d’« adaptation » : faire en sorte qu'on puisse continuer à vivre en s'adaptant à un monde qui sera beaucoup plus chaud. C'est d'ailleurs un sujet qui figure parmi les objectifs de moyen et long terme d’EDF : comment va-t-il s'adapter au réchauffement climatique, qui ne tiendra pas l’objectif de 1,5 °C… » Les intervenants et les organisateurs ont réussi à passionner le public. De gauche à droite : Virginie Saks, présidente du Club Industrie d'ESSEC Alumni, Robin Clément (Ch. 223), Jean-Bernard Lévy, Léna Treglia et Joseph Sola (Cl 183) président du GP Energie d'ARTS et METIERS. QUELS MESSAGES POUR LES NOMBREUX ÉTUDIANTS PRÉSENTS ? « La première chose, c’est que vous avez beaucoup de chance de vivre dans un pays développé, même si l’on se demande si notre société va demeurer suffisamment harmonieuse. Profitez de votre capacité à jouer de votre influence dans un pays libre et démocratique, où chacun a sa chance. Il est important de s'en rendre compte. La deuxième, c'est de croire en vous. Saisissez les opportunités qui se présenteront pour progresser, vous réaliser et vous épanouir dans votre vie professionnelle et personnelle. » Propos recueillis par Christophe Duprez crédit photos : © C. DUPREZ/AMM
  Publié le 2023-12-20 dans Arts et Métiers Magasine Les promoteurs de l’industrie du futur mettent en avant la chaîne numérique, l’exploitation des données, l’intelligence artificielle ou la durabilité. S’il leur arrive d’ajouter la maintenance prévisionnelle, ils ne citent jamais les essais non destructifs. « Parce qu’ils en ignorent l’immense potentiel », affirme Étienne Martin (Li. 178), président de la Cofrend. ____________________ Par Djamel Khames   Expert dans le domaine des essais non destructifs à la direction industrielle d’EDF, président de la Confédération française pour les essais non destructifs (Cofrend), du Comité technique européen de normalisation des essais non destructifs et du groupe professionnel « Nucléaire » (GP 12), Étienne Martin Étienne Martin (Li. 178), président de la Cofrend et expert en essais non destructifs à la direction industrielle d’EDF, vit passionnément son métier. Aujourd’hui, il œuvre pour la reconnaissance du métier de contrôleur par une formation et un maintien des compétences à ce poste fondées sur une bonne connaissance des matériaux et sur une ouverture aux expertises d’autres secteurs industriels (énergie, aéronautique, génie civil…).  AMMag : En quoi les essais non destructifs sont-ils importants dans l’industrie ?  É tienne Martin :  Les Français ne le savent pas, mais il y a peu de secteurs d’activité qui échappent aux essais non destructifs : aérospatial, énergie, automobile, ferroviaire, ouvrages d’art, etc. La finalité des CND-END  [contrôles non destructifs-examens non destructifs, ndlr]  est la prévention des accidents ou des pannes par la détection de potentielles anomalies liées à la fabrication ou à l’exploitation d’un produit ou d’une infrastructure… tout en préservant l’intégrité des objets contrôlés dans la durée. Le contrôle non destructif ou l’examen non destructif apparaît comme un élément majeur de la maintenance parce que, en détectant des anomalies, il va plus loin que la simple mesure de paramètres physiques tels que le volume ou les dimensions d’une pièce. Aux exigences réglementaires et normatives, qui touchent à la sécurité des biens et des personnes, il faut également ajouter les enjeux économiques qui se chiffrent en milliards. Une usine à l’arrêt, c’est beaucoup d’argent perdu. Un contrôle approprié peut éviter un tel événement. Il est regrettable que les CND-END ne suscitent pas plus l’attention qu’ils méritent auprès de nombreux responsables industriels.   AMMag : Cette méconnaissance des END a-t-elle des conséquences ? E.M. :  Effectivement, les compétences exigées pour être contrôleur sont souvent sous-estimées au sein des entreprises. Les responsables n’imaginent pas l’importance des responsabilités et expertises des contrôleurs certifiés, de l’acquisition d’équipements performants ou du recours à des procédés d’examen plus pertinents, lesquels progressent trop lentement. En les adoptant, l’entreprise gagnerait en souplesse, en précision et en prévisibilité, donc en productivité. La principale conséquence est de voir sa compétitivité stagner. Les industriels se convertissent peu à peu aux évolutions techniques. Et, dans cette lignée, il est essentiel que la Cofrend soit présente pour accompagner ses adhérents dans la transition industrielle. D’ailleurs, elle a récemment lancé, au sein de son pôle scientifique, des groupes de travail réunissant des experts de tous les secteurs industriels et couvrant les thèmes liés aux enjeux actuels de l’industrie : END robotisés, END et intelligence artificielle, fabrication additive, END et data, SHM  [Structural Health Monitoring, ndlr]  ou surveillance par capteurs intégrés, facteurs socio-organisationnels et humains…   AMMag : Est-ce que les stratégies liées aux essais non destructifs sont impactées ? E.M. :  Oui, les industriels ont besoin de nouvelles stratégies pour suivre la transition numérique en cours. Les appareils dédiés aux END sont de plus en plus connectés aux « data rooms » – pour l’analyse des signaux – et aux plateformes d’échanges de données – pour le déploiement d’outils d’intelligence artificielle. L’automatisation des analyses qui en découle augmente la productivité des contrôleurs, si bien que les évolutions techniques impactent forcément les stratégies de contrôle. On l’imagine peu, mais les essais non destructifs sont aujourd’hui au cœur de l’industrie 4.0.   AMMag : Pouvez-vous illustrer cette affirmation ? E.M. :  Traditionnellement, les inspections se font selon des périodicités établies en fonction de programmes de maintenance définis. Elles requièrent l’intervention d’opérateurs manipulant capteurs ou systèmes d’acquisition après avoir, par exemple, monté des échafaudages et décalorifugé le composant à inspecter. Les ruptures technologiques des vingt dernières années, en particulier dans le domaine du numérique – Internet des objets, électronique intégrée, puissance de calcul, intelligence artificielle… –, rendent aujourd’hui possibles la collecte et le traitement de données sur l’état de la structure, à partir d’une instrumentation installée à demeure. Celle-ci peut être interrogée à tout instant, et possiblement en continu, sans abaisser la fiabilité des diagnostics. Cela demande un changement de paradigme dans les stratégies de maintenance et une évolution des métiers des essais non destructifs. Cette révolution dans les pratiques dessine un nouveau champ technologique désigné par les termes de « contrôle santé des structures » ou par le sigle anglais « SHM ». Le SHM vise ainsi à surveiller les structures à partir d’une instrumentation intégrée, que ce soit en remplacement ou en complément d’inspections réalisées par un opérateur. L’émergence de ces nouvelles techniques ouvre la voie à des avancées significatives dans la détection précoce d’endommagements, lesquelles contribueront à accroître la sûreté et à éviter des accidents catastrophiques. La plus-value sera tirée des informations fournies en temps opportun, avant les pannes, pour améliorer la planification des activités de maintenance. Une meilleure qualité pourrait être obtenue par la réduction des facteurs organisationnels et humains, grâce à une optimisation de l’utilisation des ressources humaines, dans de meilleures conditions, avec une périodicité accrue des examens et avec un traitement du signal par le déploiement de l’intelligence artificielle.   AMMag : Se pose donc la question de la formation… E.M. :  Comment donner envie aux jeunes de devenir des professionnels des END ? Les éléments de modernité – simulation, intelligence artificielle, mégadonnées, etc. – participent à l’attrait de la profession. Malheureusement, au regard des difficultés des membres de la Cofrend à embaucher, cela ne suffit pas. De mon point de vue, il faut prendre en compte les facteurs socio-organisationnels et humains en associant les professionnels des END, l’Éducation nationale et les parents pour sortir l’industrie de son image passéiste. Et pourquoi pas se lancer dans les réseaux sociaux ? En parallèle, il convient de toucher au contenu de la formation et à la pédagogie. À titre d’exemple, c’est dans cet esprit que plusieurs institutions(1), dont la Cofrend, préparent une réponse, dans le cadre de France 2030, à l’appel à manifestation d’intérêt « Compétences et métiers d’avenir dans le CND ». Cette future formation devra aider l’apprenant à aller au-delà de la simple lecture de résultats sur un instrument de mesure. Celui-là devrait, d’ores et déjà, comprendre et pouvoir expliquer les phénomènes physiques utilisés pour la détection d’une dégradation sur un composant dans un environnement industriel, tout en faisant preuve d’analyse critique. Nous ouvrons un nouveau chapitre des essais non destructifs.   (1) Liste des partenaires : Le Mans Université ; SAS Carl Zeiss ; SA Cegelec NDT-PSC ; Omexom NDT Engineering & Services ; Cité scolaire Gabriel-Touchard George-Washington ; Greta-CFA du Maine ; Association pour le transfert de technologies du Mans ; EDF SA direction industrielle ; SAS Howmet Fixations Simmonds ; communauté urbaine Le Mans Métropole ; lycée général et technologique Henri-Loritz ; Greta-CFA Lorraine Centre ; SAS Mecachrome ; SAS Mistras Group ; SAS Rei-Lux Controles ; SA Safran ; SAS SGS France Industrie ; SAS SREM Technologies ; SASU Tecalemit Aerospace ; Union des industries et métiers de la métallurgie Sarthe (UIMM Sarthe) ; SAS Xnext France.     Contrôle, essai ou examen non destructif ?  Trois termes assez proches peuvent accompagner les mots « non destructif ». Petites définitions pour s’y retrouver. - Essai non destructif :  terme générique de la profession. Il est aussi employé couramment dans les laboratoires. - Contrôle non destructif :  utilisé par EDF pour parler de procédés de contrôle de fin de fabrication, de réparation ou de modification afin de détecter des défauts d’élaboration du produit final. - Examen non destructif :  utilisé par EDF pour parler du suivi des dégradations apparues en service.   Cette entrée d’un outillage par une capacité montre la difficulté d’installer certains matériels.   Contrôle d’un piquage à l’aide d’une sonde à membrane flexible (permettant d’épouser les irrégularités de surface) au bras d’un robot.   Exemples de méthodes de contrôle non destructif  - Contrôle visuel (VT) - Émission acoustique (AT) - Courants de Foucault (ET) - Étanchéité (LT) - Magnétoscopie (MT) - Ressuage (PT) - Radiographie (RT) - Ultrasons (UT) - Thermographie (TT) - Shearographie (méthode globale appliquée aux assemblages complexes) (ST)   Ce robot, appelé « MIS » (machine d’inspection en service), permet le contrôle des soudures de la cuve.   Parcours Blanche Le Gall (Ch. 216) :  Ingénieure de développement de procédés END Férue de technique et de recherche, Blanche Le Gall (Ch. 216) trouve dans l’activité qu’elle a choisie, au sein du service « Examens non destructifs » de la direction industrielle d’EDF, un équilibre nécessaire à son épanouissement professionnel. S’il ne l’a pas retenue pour un stage de fin d’études, le service « Examens non destructifs » (END) de la direction industrielle d’EDF n’en a pas moins remarqué la candidature de Blanche Le Gall (Ch. 216). Au terme de ce stage passé  in fine  au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) dans l’amélioration de la qualité des processus, en 2019, la nouvelle diplômée a reçu un coup de fil des ressources humaines du département de l’énergéticien national. Depuis, Blanche Le Gall s’épanouit dans le milieu nucléaire avec pour terrain de jeu les examens non destructifs.  « Je trouve d’autant plus de plaisir à exercer mon activité que les recherches sur lesquelles je m’engage aboutissent à un résultat concret au bout de deux ans environ. Cela donne du sens à mon travail »,  affirme la jeune ingénieure. Ce dernier consiste à piloter le développement de nouveaux procédés d’examens non destructifs sur des équipements complexes, tels que le dispositif chargé de guider les grappes de contrôle jusqu’au combustible. La fonction du procédé sur lequel Blanche Le Gall planche vise à inspecter la bonne santé des tubes, garantissant ainsi le bon guidage des grappes jusqu’au combustible et donc la maîtrise de la réaction en chaîne au cœur des cuves.  « Pour imaginer un procédé de contrôle optimal, il est indispensable de bien connaître les matériels avec lesquels on interagit – matériaux, géométrie… – et de collaborer avec les spécialistes des métiers concernés »,  explique-t-elle. Il lui appartient aujourd’hui d’écrire l’évolution des END. Grégoire Thevenon (Me. 215) : a ppui-manageur au cœur des END D. K. Grégoire Thevenon (Me. 215) est tombé dans le contrôle non destructif comme d’autres sont tombés dans une célèbre marmite… Il s’y meut, en toute aisance, depuis la fin de ses études. Aujourd’hui, le voilà appui-manageur chez EDF. Son stage de fin d’études touchant à sa fin, EDF a proposé à Grégoire Thevenon (Me. 215) de continuer l’aventure avec l’équipe des examens non destructifs.  « Ils m’ont trouvé sympa et m’ont proposé de rester. Je veux bien, leur ai-je répondu, parce que je vous trouve sympa aussi ! »,  aime plaisanter le jeune ingénieur, dont le regard pétille de malice. Le sujet de son stage – valider un logiciel de simulation d’examens non destructifs par courants de Foucault – l’avait déjà mis dans le bain du travail collaboratif. Ce type de projet nécessite l’appui de spécialistes en matériaux, de compétences métiers en lien avec le dispositif étudié (un échangeur de chaleur) et le concours d’un établissement d’enseignement supérieur et de recherche – l’École nationale supérieure des arts et métiers (Ensam) de Lille en l’occurrence. Sa première mission, en tant qu’ingénieur développement, le plonge dans la technique.  « Il fallait qualifier le procédé de contrôle, c’est-à-dire démontrer sa capacité à détecter les dégradations recherchées, et convaincre un comité pour obtenir le précieux sésame de la qualification »,  rappelle Grégoire Thevenon. Un passage qui va durer trois ans. Une deuxième mission, cette fois comme ingénieur intervention (ou chef de projet), le conduit à animer une équipe de cinq personnes et lui fait découvrir les contraintes de coût et de délai. Aujourd’hui, il est en passe d’occuper un poste d’appui-manageur, à la tête d’un groupe d’une trentaine de personnes. Les défis qui l’attendent, au-delà des sujets d’ingénierie, touchent aux ressources humaines, à l’internalisation de certaines fonctions et au contrôle contradictoire :  « On fait et on valide ! »  Pour réussir sa mission, Grégoire Thevenon s’appuie sur un groupe d’intervention polyvalent en CND-END. L’esprit commando est là. D. K.  
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